LES AMOURS
Ciel, air et vents, plaines et monts découverts,
Terres vineux et forêts verdoyantes,
Rivages torts et souces ondoyantes,
Taillis rasés et bocages verts.
Antres moussus à demi-front ouvert,
Prés, boutons, fleurs et herbes roussoyantes,
Vallons bossus et plages blondoyantes,
Et vous rochers, les h�tes de mes vers.
Puis qu'au partir, rongé de soin et d'ire,
A ce bel oeil adieu je n'ai su dire,
Qui près et loin me détient en émoi.
Je vous supplie, ciel, air, vents, monts et plaines,
Taillis, forêts, rivages et fontaines,
Antres, prés, fleurs, dites-le-lui pour moi.�
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MIGNONNE
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait éclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vêprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au v�tre pareil.
Las! Voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las! Ses beautés laissé choir!
O vraiment marâtre nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que le matin jusqu'au soir!
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne,
En sa verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse,
Comme à cette fleur la veillesse,
Fera ternir votre beauté.
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